Magali Palmira Wora : « Le secteur culturel est le secteur le plus mal aimé… » - Culturebene
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Magali Palmira Wora : « Le secteur culturel est le secteur le plus mal aimé… »

Responsable de l’association  Real Black Music, qui œuvre dans le management, le booking et la promotion d’artistes Africains évoluant dans la musique urbaine, Magali a travaillé pendant 10 ans dans le Management artistique. Elle a accordé cette interview à culturebene.com.

Bonjour Magali, Merci d’accorder cette interview à Culturebene.com, vous êtes depuis Janvier 2011, Représentant officiel des pays francophone de Rockstar 4000/ Sony Music. Alors ça se passe comment pour vous aujourd’hui ?

Juste rappeler que Real Black Music est mon association qui œuvre dans le management, le booking et la promotion d’artistes Africains évoluant dans la musique urbaine. Elle est effective depuis janvier 2006 et c’est en tant que Real Black Music que j’ai été sollicité par Rockstar4000, premier label de Sony Music Afrique pour les représenter dans les pays francophones. Nous avions préalablement déjà travaillé ensemble pour la sortie du projet Airtel ONE8 avec R.Kelly et 8 stars Africaines dont Movaizhaleine, Fally Ipupa, 2Face Idibia, pour ne citer que quelques uns. Au terme de cette fructueuse collaboration, Rockstar4000 a souhaité que nous continuions ce que nous avions commencé. Et à l’heure actuelle nous sommes en gestation de plusieurs projets et je dirais que le travail avec eux se révèle être très enrichissant.

En quelques mots dites-moi en quoi consiste ce boulot  de Représentant officiel des pays francophone de Rockstar 4000/ Sony Music?

Cela fonctionne un peu comme une filiale de société. Nous sommes 5 managers de zone. Les projets sont émis par Rockstar4000 basé à Johannesburg ou par Sony Music Afrique qui décide de l’exécution par Rockstar4000. En tant que manager de la zone francophone je travaille donc à voir la viabilité et la fiabilité des projets proposés dans les pays sous ma tutelle et à les faire exécuter, par mes collaborateurs dans ces pays, en cas de validation. Vu que nous sommes un label jeune, nous avons beaucoup plus d’action de développement, comme des scientifiques dans les laboratoires, car les réalités entre les pays anglophones et les francophones sont diamétralement opposés.

Un an après votre prise de fonction, quel bilan faites-vous ?

Après le succès planétaire de Airtel ONE8 en 2010, 2011 a été une année calme pour la zone francophone et nous nous sommes plus investis à mettre sur pied un catalogue de distribution d’artistes Africains via les plate-formes de téléchargement de Sony Music. Cela ne s’est pas avéré et ne s’avère toujours pas chose aisée. Car il s’agit d’une diffusion simultanée sur plus de 100 plate-formes dans le monde et beaucoup de détails bloquent la diffusion totale des artistes que nous avons signés jusqu’à présent. Cela peut aller de la qualité sonore des supports, au format de la pochette en passant par le genre musical tel que l’afropop qui n’existe pas dans leur catégorie de genre musicaux. C’est tout un travail de fond que nous sommes donc obligé de faire avant l’effectivité totale et complète de notre catalogue. Certains sont déjà en ligne et d’autres pas encore malheureusement.

Cependant au Ghana, Rockstar4000 a organisé un concert avec Trey Songz et des artistes locaux, de même que les Namibian Awards 2011.

Nous t’avons découvert comme Manager des artistes tels que Movaizhaleine, Naneth, Secta’a, Scorpion Dance, Mélina Ondjani et Shad’m Ovono, pourquoi avoir mis fin à cette carrière qui vous a relevé au monde entier ? Votre métier de représentant n’est-il pas compatible avec celui de Manager ?

J’ai mis fin effectivement à ma carrière personnelle de manager car au bout de 10 ans d’activité tout un chacun éprouve le besoin d’évoluer. Cependant Real Black Music continue d’avoir comme objectif le management d’artistes. En effet, je forme certains de mes collaborateurs au management d’artistes et quand la requête m’est faite je fais volontiers des ateliers de management. Real Black Music continue de fonctionner parallèlement à mon rôle dans Rockstar4000 / Sony Music. En outre même si je ne manage plus d’artistes je fais tout de même du booking pour Ba’Ponga du Gabon et je viens de m’engager également pour Fredy Massamba du Congo.

Vous avez également occupé le poste d’Administratrice du Festival Gabao hip hop en 2010, aujourd’hui quel souvenir gardez-vous de toutes ces expériences ?

Ce fut une très belle expérience et un nouveau défi à relever. Je remercie Jules KAMDEM de l’opportunité qu’il m’a donné le temps où nous avons travaillé ensemble à AFRIK’AKTION.

En tant qu’observatrice avertie, quel regard portez-vous sur la musique Africaine en Générale ?

Je n’aime pas beaucoup répondre à ce genre de question en toute honnêteté car il semble que je suis très cru souvent dans mes propos. Je trouve qu’il y a énormément de créativité et qu’en Afrique Francophone cette richesse n’est pas assez exploitée. Quand une chaine musicale internationale dédiée à l’Afrique diffuse en boucle du matin au soir du coupé décalé je me pose des questions  à la fois sur le diffuseur mais aussi sur la créativité artistique des Africains. Je n’ai rien contre le coupé décalé, mais je trouve que les pays francophones sont devenus des éponges en matière de musique. De moins en moins de créativité et de plus en plus de musiques calquées sur ce qui se fait en France. De pâles copies de boys band des années 90. De moins en moins d’intelligence dans les textes, tout est dans le « bouge tes fesses baby …» ou dans le « je fais du rap Gangster, je suis un gangstar et je viens pour nicker tous ceux qui parlent de moi… ». Est-ce l’héritage culturel qu’on laisse aux plus jeunes ? Les artistes oublient qu’ils sont des leaders d’opinion chargé d’éduquer et ils s’étonnent qu’on ne les appelle que pour faire venir bouger les fesses.

Par ailleurs, certaines chaines de musiques basées en France sont extrêmement loin des vrais succès Africains, mais cela est un autre débat.

Pour ma part, je suis admirative de ce qui se passe dans les pays anglophones Africains. Le kwaito, le hip life, le bongo flava etc…L’Afrique a soif des DJ Arafat, Toofan, Debordo, Dibi Dobo, Lady Ponce, Ferré Gola, mais elle a également soit des Nneka, Asa, Lira, Danielle Eog, Didier Awadi, Daara J Family, Yeelen, Fredy Massamba, Movaizhaleine, Valséro …

Dix  ans de Management, une carrière accomplie qui vous a conduit dans pas mal de pays à travers le monde. Aujourd’hui, quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes qui veulent suivre vos pas ?

Le secteur culturel est le secteur le plus mal aimé dans les pays Francophones. J’encouragerais ceux qui veulent se lancer dans les différents métiers de la musique, le management, le booking, l’entreprenariat et la régie de spectacle, l’administration d’entreprise culturelle… Et bien que ce soit ingrat comme travail au début, travailler dans la culture et l’art reste quelque chose de passionnant. Le plus important sera de se professionnaliser et de se former au métier choisi. Les formations existent désormais en Afrique et même en Europe.

Pouvez-vous nous donner votre feuille de route pour l’année qui commence ?

Pour le moment je suis en mode CAN Orange 2012 car je suis en charge de la mascotte Gaguie durant la compétition. Après toutes les émotions vécues durant ce grand évènement sportif, ma feuille de route sera plus claire.

Quelques contacts utiles ?

C’est magalipalmira@yahoo.fr ou magali@rockstar4000.com

Que pensez-vous du portail culturebene.com ?

J’aime la présentation et la lecture du site. Ce n’est pas un site surchargé où il faut regarder dans tous les sens pour avoir les informations nécessaires. J’apprécie également la diversité des sujets abordés. J’en profite d’ailleurs pour vous remercier de l’honneur que vous me faites d’apparaitre sur votre site. Et je fais un big up à Jésus Christ pour l’amour quotidien, illimité et inconditionnel qu’il m’accorde.

Questionnaire de Proust

Votre vertu préférée ? Euh…

Le principal trait de votre caractère ? Déterminée

Votre principale qualité ? Organisée

Votre principal défaut ? Têtue

Votre  personnage historique ? Ndona Kimpa Vita

La faute que vous ne supportez pas ? Le mensonge

L’être qui compte le plus dans votre vie ? Jésus Christ

Votre meilleur souvenir ? La finale du Prix RFI 2005

Votre pire souvenir ? Je ne sais pas

Votre plat préféré ? Nyembwé (sauce graine)

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