A la uneCamerounEvènementMusique

Aladji Toure: «Mon concept c’est former les musiciens qui vont assurer la relève un jour»

Aladji Toure, vous venez de terminer la saison 6 des ATMC, quel est votre bilan?
Les ATMC se sont très bien passés cette année, aussi bien à Douala qu’à Yaoundé, surtout avec la grande innovation de cette cession (les vacances musicales AT) jumelées avec les ATMC pour une durée de plus de deux mois, dans les deux villes précitées. 120 participants ont bénéficié de cette longue formation, et je pense qu’ils ont appris beaucoup de choses dans le domaine. Le bilan est positif.
 

Peut-on savoir davantage sur les lauréats de cette édition?
Cette année il n’y a pas eu du tout de compétitions, de toutes les façons ce n’est pas le but, mon souci majeur c’est de former un maximum de personnes dans la musique. Et c’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre tout le monde, même ceux qui n’ont jamais flirté avec la musique, autrement dit, qui n’ont aucune base. Le plus jeune participant de cette cession avait 4 ans et le plus âgé la quarantaine, non j’ai eu toutes les couches cette année, des élèves de la maternelle aux universitaires en passant par les travailleurs et certains parents qui ont bien voulu rentrer dans cette sphère.

Est-ce que vous sentez de la part des jeunes un engouement véritable vis-à-vis de cette formation?
Aujourd’hui je peux me féliciter d’avoir gagné mon pari, pour la simple raison que les jeunes s’y intéressent de plus en plus. L’engouement est là et rassurez-vous, ils ne viennent pas aux ATMC pour gagner un trophée, ni parce qu’ils ont envie de voir leur gueule à la télé, ils viennent pour étudier de la musique et ça c’est important à rappeler. Il y a plein d’organismes qui organisent des concours de musique chaque année au Cameroun et je pense que ceux qui veulent juste gagner un trophée ou je ne sais quoi, savent à quelle porte frapper. Mon concept c’est former les musiciens qui vont certainement assurer la relève un jour, bien entendu en jouant bien de leur instrument, en lisant et en écrivant correctement la musique.

Les ATMC sont-ils soutenus par le gouvernement?
Les ATMC sont loin d’être une préoccupation pour le gouvernement. J’ai envoyé un dossier au Ministère de la culture dès la première édition pour une demande de partenariat, c’était en 2006, j’ai renouvelé cette opération tous les ans jusqu’en 2011, aucune réponse jusqu’à nos jours. Je pense que la musique ne fait pas partie de la culture au Cameroun, il serait tant que je me reconvertisse en danseur.

Y-a-t-il un suivi pour les lauréats ? Nous sommes à la 6ème édition, que sont devenus les autres lauréats des ATMC en dehors du plus connu qui est Eriko?
Ca dépend de l’interprétation que l’on a du mot « lauréat ». Je le dis parce que beaucoup de gens pensent que j’ai crée les ATMC pour dénicher les talents et éventuellement leur faire un album à l’issue de la formation. C’est complètement faux, les Aladji Touré Master Class c’est une école mobile de formation musicale qui abrite les instrumentistes, les chanteurs et même ceux qui viennent juste pour apprendre la théorie. Ce que deviennent ces participants après la formation dépend en partie d’eux. Ce qui est sûr c’est qu’on ne peut pas devenir bon musicien après un mois ou deux de formation, ça demande un travail de longue haleine et c’est ça le secret. Ceux qui ont travaillé, on les voit aujourd’hui évoluer dans les grands cabarets. Au moins un sur trois musiciens qui jouent en cabarets dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé sont passés par les ATMC et je m’en réjouis. Il y a aussi quelques chanteuses issues des ATMC qui ont sorti leur album, en occurrence France Bitanga, Eddy Berty, elles sont devenues des grandes chanteuses aujourd’hui après avoir participé à plusieurs éditions des ATMC, voilà en quelque sorte, ce que deviennent ceux que vous appelez lauréats.

 journalducameroun.com

Tags
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer