ChroniqueMusiqueTribune libre

Hommage à Mbarga Soukous [acte 1], Épopée d’un Long Courrier

J’avais 5 ans quand j’ai fait la rencontre de Mbarga Soukous. Le bar des tréfonds d’Etoa-Méki à Yaoundé, où nous habitions à l’époque, jouait ses morceaux à longueur de journée. En 1990, l’album «Essamba» nous pompait l’air, aussi bien que d’autres mélodies d’antan et l’hymne du Mondial italien. Notre barman du kwatt avait vraiment une prédilection pour Mbarga Soukous. Il jouait et nous, nous saoulions au rythme d’un certain … «Long courrier».
En 2016, l’envie me vient de m’intéresser plus amplement aux tubes de l’époque. Et c’est tout machinalement que je pense à ce titre. Mon pilote (travail standard) sera sur «Long courrier» ou rien. Pourquoi ce morceau ? C’est la faute au barman d’Etoa-Méki, vous dis-je!
Puis, il a donc fallu rencontrer l’homme pour parler de l’épopée de cette chanson devenue culte. «Tu veux rencontrer Mbarga?, me demande une amie. Hum. Prépare un casier de bière et des tonnes de cigarettes ma grande». Grrrrrrrrrrrr. Il n’y aura finalement rien de tout ça. Du moins, pas lors de notre premier rendez-vous. Il y avait plutôt du Coca-Cola, du Fanta et une cigarette. Oh, et quelques médocs ! Il sortait d’une maladie… Nous échangeâmes, nous discutâmes. Le passé n’est vraiment pas simple, je vous assure. Nous parlâmes de l’origine de son nom Soukous, de ses débuts, de l’aventure «Long courrier», de ses gloires et déboires. «Au fait, vous dites que vous m’interviewez même pour quel média ? A quelles fins ?», me demande le chanteur avec cet air qui peut repousser les plus téméraires. «C’est un travail personnel l’artiste». Et nous rediscutâmes et ils parlèrent (rires). Je veux dire, ceux d’en face. Eux aussi se demandaient sûrement ce que cette jeune femme voulait à ce vieux monsieur.
Bref, pendant tout le mois d’août et début septembre, j’étais collée à ses talons dans son habituel bar de Nkolndongo. J’ai tenu au prix de sautes d’humeur et de musique surtout. Mais j’ai fait le tour de la question, aidée de mon désormais partenaire Rostand Wandja. Nous le filmâmes et bien d’autres personnes. Oh, ce passé n’est décidément pas si simple. Si complexe qu’il se conjugue avec la mort un triste 29 novembre 2017. La mort d’un homme qui, certes, ne rêvait plus très haut mais visait toujours les cimes en faisant grincer sa guitare (presque) tous les matins.
Il n’était pas prévu qu’on rende hommage à Mbarga Soukous à titre posthume. Oh non ! Mais c’est la vie ! Mon pilote sera sûrement bouclé si le dieu des archives et le nerf de la guerre le permettent… Nous ferons alors sonner du «Long courrier» à la santé de l’homme Soukous et à Etoa-Méki…aussi. Repose en paix l’Artiste. Abui Ngan !

Photo : Rostand Wandja
M.N.M (Monique Ngo Mayag)

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Ne manquez aucune actu !

Laissez votre adresse e-mail pour recevoir une selection des meilleurs articles du site !
Email
Prénom
Secure and Spam free...