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« Mokte » de Kareyce Fotso, un appel à l’unité nationale

C’est une galette de 12 titres chantés en huit langues camerounaises différentes que l’artiste musicienne Kareyce Fotso nous propose dans « Mokte », son nouvel album. Bassa, ewondo, duala, fulfuldé, ngomala’a, français, anglais, etc., un brassage linguistique diversifié savamment mixé qui sera officiellement disponible à partir du 20 mai prochain dans tout le pays. Une date que l’artiste musicienne a choisie pour magnifier la célébration de l’unité nationale de son pays. Fidèle à ses habitudes, la plus Bandjounaise des Mvog-Ada a tenu envoyer un message de cœur à ses pairs.  Celui de l’importance de s’unir. Après avoir décrié les différences entre les hommes et les femmes, l’analphabétisation  de certaines jeunes filles très tôt faites, épouses, les douleurs, les exils, etc., la jeune Sidonie Motio Fotso de son vrai nom, passe à autre chose. En effet, avec son nouvel album, elle condamne le tribalisme et prône l’union des uns et des autres, malgré les différences. « Nous avons la chance d’avoir en commun une seule terre pour tant de richesses culturelles. Au lieu de s’entretuer, de se détester les uns les autres à cause des intérêts égoïstes, on doit plutôt de souder les coudes », déclare-t-elle. Pour Kareyce, le calme apparent dans lequel les  camerounais vive, est en fait un foyer à braises ardentes.

C’est alors que pour mieux consolider l’unité nationale telle qu’elle la conçoit, Kareyce a choisi d’utiliser les langues de son pays. Dans le titre « Manké » par exemple, elle implore justement le pardon de ce frère qu’elle a offensé par les mots. Une façon de condamner ce rejet qu’un jour ses voisins au quartier où elle a grandi, ont exprimé à l’égard de sa famille. Ici, elle reconnait les erreurs, mais aussi la nature imparfaite de l’homme. « Ndolo, comment ça va », c’est le titre qui est le plus fredonné dans cet album par les mélomanes. Normal, c’est celui-là qui est très médiatisé depuis sa sortie européenne, le 16 mars dernier. Dans ce titre mélodieux chanté en langue duala, Kareyce dans la peau d’une femme obligée d’abandonner son foyer pour travailler, écrit une lettre à son mari, afin de s’enquérir de son état de santé et de le rassurer de son amour. « Te wa vouan ne ma », c’est aussi la preuve d’un amour véritable au féminin où, une compagne demande à son bien aimé parti à la recherche d’une vie meilleure en Europede ne pas l’oublier. Plurielle, Kareyce s’est aussi laisser entrainer par les sonorités aigues typiques du Nord Cameroun de son ami et confrère musicien Isnebo. « Kowadi », c’est le titre que ce dernier a écrit pour elle, pour lui rappeler que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, car parsemée d’embûches et de contradictions.

Malgré cette pluralité linguistique, Kareyce n’a pas oublié son Ngomala’a natal. C’est tout naturellement qu’on le retrouve dans plus de la moitié de l’album. « Ke wouaca », « Aya », « Youmbata », « Messa », « Kak pou tseu », « Azany » ; sont des hymnes à l’amour d’une mère pour sa fille, d’une femme pour son mari dans « Messa », suite logique du titre « Lom Djieu » que l’on retrouve dans le premier album, au respect du conjoint, etc.

Jeanne Ngo Nlend

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