Monseigneur Faustin Ambassa Ndjodo, archevêque de Garoua : « Nous devons prier Dieu et respecter les mesures d’hygiènes pour lutter contre le Covid-19» - Culturebene
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Monseigneur Faustin Ambassa Ndjodo, archevêque de Garoua : « Nous devons prier Dieu et respecter les mesures d’hygiènes pour lutter contre le Covid-19»

Monseigneur comment appréciez-vous l’ensemble des mesures prises par le gouvernement pour barrer la voie à la pandémie du Covid-19 ?

On a  vu progressivement, semaines après semaines, comment le coronavirus a déclenché une grand pandémie qui est devenue mondiale à partir du foyer de Chine. On pensait que nous en Afrique on serait épargner, mais voilà que nous apprenons aujourd’hui qu’il y a des cas testés positifs au Cameroun avec le risque de contamination pour ceux avec qui ils sont en contact. Aujourd’hui on ne peut pas nier que nous sommes frappés comme pays, aujourd’hui on ne peut pas minimiser le risque que la maladie puisse s’étendre. Et on a constaté que partout dans le monde on a pris très au sérieux cette pandémie et nous sommes heureux qu’au niveau du Cameroun le gouvernement ai pris des mesures qui sont pour certaines des mesures cadres. Certaines sont très précises comme la fermeture des écoles ou des frontières, d’autres par contre doivent inciter les autres acteurs à arriver à avoir des mesures spécifiques dans leur domaine d’action avec pour tout le monde ce but de préserver les personne non atteintes de toute contamination possible et de limiter l’expansion de la pandémie. Donc nous saluons les mesures prises et les explications supplémentaires qui ont été donné quant à l’applicabilité de certaines d’entre elles.

Maintenant comme communauté religieuse très grande, l’archidiocèse de Garoua est concerné à plusieurs égards par toutes ses mesures. Nous avons des écoles qui sont fermés depuis le 18 mars, nous avons aussi des cultes que nous organisons. Dans ces cultes que nous organisons, surtout  en ce mois de carême, il y a des cultes qui demandent des grands rassemblements et ses rassemblements ont été reportés. Par exemple au début du mois d’avril on devait avoir les journées diocésaines des jeunes à Guider où on s’attendait à voir au minimum de 3000 jeunes, ce qui est difficile à gérer dans un contexte comme celui de la pandémie du coronavirus. Nous avons donc décidé de renvoyé l’évènement à une date ultérieure. Il y a aussi les pèlerinages qui ont été suspendues. D’autres célébrations durant le carême à l’exemple du chemin croix, ont connu des réaménagements. Le chemin de croix n’exigeant pas la présence d’un prêter peut se célébrer même dans les communautés chrétienne pour que nous ayons peu de monde.

 

 

 

Au niveau de l’archidiocèse de Garoua  quelles sont les mesures prises pour faire corps avec l’action gouvernementale ?

S’agissant des messes, nous avons pris un certains nombres de dispositions contenues dans une note pastorale que j’ai signé le 17 mars 2020. Nous avons l’avantage d’avoir des églises assez grandes, nous avons donc décidé qu’il faut laisser un espace assez suffisant entre les fidèles. Nous avons dit qu’il fallait éviter les contacts corporels durant la messe. Nous avons donc décidé de suspendre le geste qu’on appelle « l’échange paix » durant lequel les fidèles se saluent en se serrant la main. Nous avons décidé que pour la communion des fidèles il fallait communier uniquement dans la main, le prêtre ne devra plus déposer l’hostie sur la langue du communiant. Nous avons aussi décidé que les prêtres, les prêtres concélébrant et toutes les autres personnes qui sont chargé de la distribution du « corps du christ », ils doivent se laver les mains à l’eau et au savon avant ce service ceci pour limiter le risque de transmission. Dans le même esprit nous pensons qu’on peut aussi réduire le nombre des chorales pour ne pas avoir trop de choristes. Nous pensons que ces mesures-là sont dan le sens d’éviter les propagations du virus, elles sont dans le sens de se protéger et de protéger les autres. Au-delà de toutes ses mesures prises à notre niveau, nous savons que  sommes des croyants et nous avons un Dieu. Nous devons donc prier pour que l’humanité tout entière soit préservée de cette pandémie. Au niveau de l’église catholique nous prions déjà et on entend aussi organiser des séances de prières peut être avec les responsables des autres confessions religieuses pour implorer le bon Dieu pour que cette situation ne dure pas longtemps et que les dégâts qui sont déjà graves soient tout de même limités.

Dans votre note pastorale vous parlez d’augmenter le nombre des messes si cela s’avère nécessaire.  Concrètement comment cela se passer-t-il et en avez-vous les moyens ?

Cette mesure concerne surtout les paroisses de ville où on a généralement plusieurs prêtres disponibles et ceux qui ne sont pas en paroisse peuvent aller en surplus pour qu’on ait un peu plus de célébration là où c’est possible pour éviter une grande affluence. Nous nous approchons des célébrations importantes notamment la célébration de la Pâques, et nous savons que tout chrétien normalement doit participer aux offices de Pâques.  Si nous pouvons là où il y a 03 messes diviser les fidèles et organiser plutôt 5 ou 6 messe, cela peut permettre à tout le monde d’accomplir son devoir religieux et d’éviter des grandes foules. Je crois que c’est faisable dans les villes, dans les villages ça sera un peu plus difficile. Mais je sais aussi que dans les villages les communautés ne sont très grandes, c’est même parfois le prêtre qui va vers les communautés dans les villages. C’est en ville qu’on peut avoir ce problème mais je crois qu’avec le nombre de prêtres qu’on a et avec un peu plus de sacrifice et d’effort on peut arriver à cela.

Monseigneur, les mesures supprimant certains gestes liturgiques pour des raisons sanitaires sont diversement apprécier. Est-ce que cette suppression ne  dénature pas la messe en elle-même ?

Avant toute chose il y a la vie qui est un don Dieu et apprécié à sa juste mesure.  C’est un donc qu’on doit conserver le mieux possible et comme on dit la vie n’a pas de prix. Maintenant il ne suffit pas seulement de vivre, on ne peut pas vivre sans faire référence à l’auteur de la vie, donc c’est la dimension du culte. Les gestes que nous avons supprimé sont des gestes qui pour ma part n’affectent pas l’essentiel du culte. Par exemple se donner la paix c’est un geste qui correspond à notre culture car si vous allez ailleurs dans le monde vous verrez que même dans certaines communautés catholiques les gens se donnent la paix mais en utilisant les usages de leur culture. Ce n’est pas nécessairement en se serrant la main ou en se donnant une accolade.  Mais sachez qu’après cette pandémie les choses vont revenir à la normale. Nous avons aussi  décidé de vider les bénitiers dans les églises. Mais nous pensons que même si c’est important on peut aussi sursoir à cela encore que ce n’est pas dans toutes les églises que nous avons des bénitiers. Je crois que les gestes qui ont été supprimé n’affectent pas l’essentiel du culte qui est pour le croyant d’abord de louer le créateur, qui est pour le croyant chrétien dans l’eucharistie c’est de louer Dieu qui a envoyé son fils qui est mort pour nous sur la croix.

Monseigneur quel est le message que vous envoyez aux prêtres, aux religieux et aux fidèles catholiques de votre archidiocèse?

Dans une situation comme celle-ci, on n’est un peu dans la position par exemple d’un père de famille. Le père de famille il s’est toujours occupé de ses enfants, mais jour où l’enfant demande un ballon et que le papa ne le lui donne pas, l’enfant oublie tout le bien que le papa lui a fait. Nous sommes dans une situation où il ne faut pas perdre la foi d’abord, il ne faut pas croire que parce qu’il y a cette pandémie Dieu n’a rien fait pour nous. Il ne faut pas perdre la fois c’est la première recommandation. Et aussi de toujours revenir à ce Dieu  qui est l’alpha et l’oméga, le début et la fin. Nous devons toujours revenir vers ce Dieu, prié personnellement mais aussi dans les familles et prier aussi comme communauté chrétienne. Je crois qu’il faut garder cette foi, il faut garder la sérénité. Il ne faut pas entrer dans une panique ou une psychose généraliser et croire que toute personne autour de nous est un malade qui va nous contaminer. Il faut respecter les mesures d’hygiène qui sont recommandé par les personnels de santé. Je crois aussi ce personnel de santé doit davantage sensibiliser les populations sur les symptômes car si on est informer on pourra rapidement signaler des cas suspects pour que les malades soient pris en charge.

Cette période de carême est importante car elle nous ramène à Dieu et c’est pour ça que le culte doit continuer car on doit prier ce Dieu qui est l’auteur de la vie et qui nous protège.

Entretien mené par Ebah Essongue Shabba

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