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Ananas, humour et antisémitisme : audience agitée au procès de Dieudonné

L’humoriste comparaissait pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur Internet.

En première instance, le comique avait été condamné à 20 000 euros d’amende. Le parquet a de nouveau requis une peine de vingt jours-amende à 600 euros, signifiant qu’il devait s’acquitter de 12 000 euros ou alors risquer jusqu’à vingt jours de prison.

Les voix des amis de Dieudonné, rassemblés dans la grande galerie du Palais de justice, ont résonné jusqu’à la salle d’audience pleine à craquer, barricadée par les forces de l’ordre. L’irruption d’opposants cagoulés à l’humoriste a nécessité une intervention policière afin de séparer les deux groupes.

"JE VOUS PARLE D’ANANAS"

Dans l’une des vidéos incriminées, il transformait la chanson d’Annie Cordy Chaud cacao en "Shoah nanas". L’humoriste soutient que la chanson, dont il attribue la paternité à des détenus, parmi lesquels le terroriste Carlos, fait en réalité référence à des "chauds ananas". "Merci d’être là pour la chanson française, pour la variété", a ironisé Dieudonné devant ses supporteurs, dont certains brandissaient le fruit exotique.

"Ce n’est pas l’affaire Dreyfus !", se sont insurgés les avocats de la Licra, SOS Racisme, l’UEFJ et J’accuse !, parties civiles dans ce dossier, devant la"surenchère" de la défense. Outre son avocat habituel, Dieudonné était défendu par trois secrétaires de la conférence du barreau ainsi qu’un détenu de la prison de Poissy qui s’était constitué partie civile pour l’occasion.

"Vous êtes obsédés par certains problèmes, je vous laisse avec eux", a lancé Dieudonné aux parties civiles qui l’interpellaient sur la Shoah. "Moi je vous parle d’ananas, c’est un fruit qui me passionne", a-t-il ajouté, arrachant quelques rires à la salle.

"VOUS N’ÊTES PLUS UN COMIQUE MAIS UN IMPRÉCATEUR"

"On ne peut pas rire de tout. M. M’Bala M’Bala a dépassé les limites admises de la liberté d’expression, y compris celles accordées à un humoriste", a déclaré l’avocate générale. Au prévenu qui se revendiquait de Coluche et Desproges, elle a rétorqué : "Eux ne croyaient pas ce qu’ils disaient, ça se voyait. Vous, on a l’impression que vous n’êtes plus un comique mais un imprécateur."

Le ministère public a également rappelé que Dieudonné avait déjà été condamné six fois pour les mêmes motifs et devait toujours régler 36 000 euros au titre de ses précédentes condamnations.

Dans sa plaidoirie, Jacques Verdier a déploré "une spirale de condamnations de principe" ayant pour seul but de faire passer son client pour "l’antisémite par excellence". La cour d’appel rendra sa décision le 28 novembre.

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