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Vangdar Dorsouma : « J’ai plus de vingt cinq ans de pratique du théâtre… »


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Bonjour, Monsieur Vangdar Dorsouma. Nous vous remercions d’avoir bien voulu consacrer une partie de votre temps à satisfaire les internautes de culturebene à travers cet entretien. Vous êtes, en plus d’être un homme de culture et de théâtre pour être précis,  une personnalité politique de haut rang avec votre statut de membre du conseil économique, social et culturel du Tchad, votre pays. Alors  beaucoup de personnes, en vous présentant, choisissent, soit de vous présenter comme un homme de culture ou tout simplement de se référer aux fonctions étatiques qui vous caractérisent également. Ainsi d’aucuns préfèrent dire: "Monsieur Vangdar, le sénateur". Comment est-ce que vous-mêmes, vous vous présentez souvent? Qui est Vangdar Dorsouma?

Vangdar Dorsouma est d’abord et avant tout un homme de théâtre donc de culture. Comédien, metteur en scène et auteur dramatique. Je suis le Directeur du Théâtre Maoundôh-Culture (THEMACULT). C’est à travers mes activités et mon parcours que je représente le monde des arts et de la culture tchadiens au sein du Conseil Economique, Social et Culturel de la République du Tchad. Donc, vous comprendrez aisément que je ne suis pas forcément un homme politique mais un artiste qui apporte son point de vue artistique et culturel dans la politique du Tchad. C’est à saluer la présence des hommes de culture dans les grandes institutions de la République. Qui pourra parler mieux de la culture si ce n’est pas nous les pratiquants. Voila Vangdar Dorsouma, homme de la culture qui veut plaider pour la reconnaissance du statut social  de l’artiste tchadien et de la professionnalisation du milieu artistique.

Vous avez une très longue expérience dans le théâtre. Comment êtes-vous arrivé dans cette discipline? Et surtout pourquoi?

Je suis arrivé au théâtre, je ne sais plus comment ! Mais ce qui est sûr, j’étais dans l’association des éclaireurs très jeunes et de la meute à troupe, j’étais un très grand animateur des unités. Après les événements de 1979 (la guerre) qu’a connu mon pays, dès que nous sommes rentrés des camps des refugiés de Kousseri (Cameroun) avec mes parents, j’étais devenu un grand cinéphile. Je partais au cinéma peut-être même  pendant toute l’année sans m’absenter. C’est ainsi que j’avis créé une première troupe théâtrale au sein du scoutisme en 1986 qui n’a pas fait long feu.  J’ai continué le théâtre scolaire au collège jusqu’à ce que nous créons avec les amis le 04 juillet 1989, la troupe théâtrale Maoundôh-Culture qui est devenue aujourd’hui le Théâtre Maoundôh-Culture.

Quelle trajectoire artistique et théâtrale Vangdar a-t-il suivi pour se hisser au sommet aujourd’hui?

Il faut noter qu’en 1990, j’ai adhéré à l’association Tchad Non-violence (TNV) et j’ai compris que le théâtre est un outil très important pour la sensibilisation des tchadiens aux maux qui minent notre société. Convaincu de la vertu de la non-violence qui prône le pardon, la tolérance et l’acceptation de l’autre, je me suis dit que je vais utiliser le théâtre pour prôner le message de la paix  et du respect de la personne humaine. Apport qui sera j’en suis convaincu très important pour l’unité du peuple tchadien. Et aussi j’avais commencé mon travail sur le comique car je me disais que pour un peuple qui a vécu ces affres de la guerre, il faut de temps en temps du rire.  C’est ainsi que j’ai opté définitivement de faire du théâtre mon métier. Et pour connaitre ce métier et  mieux le pratiquer, je l’ai cherché à travers des stages et ateliers de formation, des lectures ; toutes les œuvres parlant du théâtre et surtout participer à des festivals de théâtre pour rencontrer ceux qui font le même métier que celui que j’ai choisi. Ma première sortie internationale c’étais au Burkina Faso. Nous sommes partis du Tchad pour le Burkina par la Route et cela a duré une semaine. Alors depuis lors, dès que j’ai des moyens, je fais le déplacement de toutes les rencontres pour m’inscrire à un atelier ou une session ou encore faire participer ma troupe. C’est ainsi que j’ai parcouru par mes propres moyens, le Burkina, le Togo, le Benin, La Cote d’ivoire… pour faire connaitre mon travail et ma structure.

En vingt ans d’expérience, quels sont les défis les plus importants que vous avez relevés jusqu’ici, dans votre pays et ailleurs?

J’ai plus de vingt cinq ans de pratique du théâtre et la structure que je dirige, le THEMACULT a  23 ans aujourd’hui.  Le défi le plus important, c’est que à travers mon travail, le théâtre tchadien est toujours présent et visible sur le plan national et international. Nous persévérons malgré l’absence de subvention. Nous avons aujourd’hui un espace culturel propre qui fait de nous un pôle d’expertise et de compétence. Cet espace favorise l’émergence et développe l’accompagnement à la professionnalisation des jeunes artistes à travers des initiatives de formations et des rencontres d’échanges. Il accueille, produit, coproduit et programme diverses activités (spectacles, expositions, rencontres, résidences artistiques…)  Il y a aussi le FIADPUP (Festival International des Arts dramatiques et Plastiques pour l’Union et la Paix), qui est un biennal qui permet aux artistes des différentes régions de se rencontrer et d’échanger. J’ai un souci qui me talonne, c’est  celui de voir  le théâtre africain et surtout celui de l’Afrique centrale être soutenu et avoir son réseau de diffusion et de création ; amener les grandes institutions de la sous région de soutenir l’art et la culture comme cela se fait dans d’autres régions. Raison pour laquelle je préside l’Association des Festivals de Théâtre de l’Afrique Centrale (AFTAC). Enfin je me bats pour qu’on ait une référence pour qu’on arrive à croire que l’art est un métier qui peut aussi faire vivre son homme.

Vous avez commencé par être comédien, puis dramaturge, metteur en scène et Directeur du festival International le FIADPUP. Est-ce qu’il est possible de savoir les difficultés que Vangdar a dû rencontrer?

Pour moi c’est les difficultés qui ont fait ma force. Parce qu’il était très difficile de faire du théâtre dans un environnement où  les gens ne considèrent pas le théâtre comme un métier et surtout que les gens n’ont pas l’habitude des salles de spectacles. Il y a eu des pesanteurs socio culturelles qui allaient me faire abandonner à un moment  le théâtre parce que le commun des tchadiens appelait l’artiste : « DOUKOU » qui veut dire GRIOT dans un sens tchadien. C’était un combat rude avec mes parents et mon entourage. Au fait, j’avais mon objectif et ce fut pour moi un choix. Faire du théâtre sans subvention sans financement n’était pas facile, faire accepter cela ce n’était pas facile. Il a fallu de l’audace et de la persévérance voilà comme je suis là depuis plus d’un quart de siècle. Effectivement j’avais commencé comédien pendant longtemps avant de m’essayer dans l’écriture des pièces de théâtre parce que nous avons besoin des œuvres qui doivent concourir aux objectifs que nous nous sommes assignés. Aborder les questions qui aideront le Tchad d’aller dans la voie de la paix. Puis j’ai commencé à m’intéresser à la mise en scène que je continue par apprendre.

D’où vous est venue la motivation de créer le FIADPUP? Et parlez-nous de cet événement très couru dans l’univers du théâtre africain.

Au fait quand j’ai parcouru les routes de l’Afrique pour faire connaitre mon travail et apprendre le métier, pendant que mes proches se demandaient ce que je  fais dans ce métier « d’amuseur publique », ce « truc d’enfants », j’ai fait la rencontre des gens plus âgés que moi qui font le théâtre et qui sont respectés dans leurs pays et qui viennent chez moi pour faire taire ceux qui ne comprennent pas l’importance et le rôle de ce que je fais. En plus je me suis  dit qu’il faut que les artistes d’autres pays viennent également chez moi pour donner raison à ce que nous faisons. Voilà comment est né le FIADPUP qui aura sa septième édition en novembre 2012.

En tant que dramaturge, vous avez été primé à la francophonie une fois, à travers votre texte "Abrasse-Afine".  Parlez-nous de cette distinction.

Effectivement, j’étais primé LOTUS D’AGENT dans un concours lancé lors de la conférence de la Francophonie au Royaume de Cambodge. C’était un concours ouvert à toutes les disciplines littéraires où j’ai obtenu le deuxième prix.  J’étais très heureux d’apprendre la nouvelle. Mais avant cela, j’avais aussi obtenu un autre deuxième prix ici au Tchad avec le texte « La solitude est un fardeau ». J’étais aussi couronné premier encore au Tchad un an après avec une nouvelle.

Comment êtes-vous arrivé dans le Conseil Economique, Social et Culturel de votre pays?

Comme je l’ai dit haut, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESC) a trois places réservées au monde des arts et de la culture et mes pairs m’ont désigné parmi les trois pour les représenter dans cette institution.

Cette fonction est-elle compatible avec le théâtre? Pourquoi?

C’est une institution qui regroupe des personnes venues des différents corps de métier et surtout du monde associatif. Donc, si vous êtes désigné pour être membre c’est parce que vous êtes actif dans votre domaine. Donc, il n’y a pas d’incompatibilité.

En tant que l’un des leaders aujourd’hui dans le théâtre au Tchad et en Afrique, qu’est-ce que vous avez fait pour assurer la relève et pérenniser les acquis?

Je m’occupe beaucoup de la formation des jeunes dans le domaine du théâtre, pour partager le peu que je connais avec eux. Aujourd’hui l’institution que j’ai mise en place restera pour la promotion et le développement du  théâtre. Ce que je déplore c’est que ceux avec qui nous avons commencé sont tous partis faire un autre métier pour se nourrir et surtout nourrir leur famille. Nous sommes en Afrique. Je me bas pour que mes artistes soient des salariés, j’espère cela sera possible. Je pense que  notre exemple de lutte amènera les autres artistes d’Afrique à se donner la main pour créer de conditions de survie pour nos artistes.

Quel avenir pour le théâtre africain et comment se porte-t-il déjà?

Le théâtre africain se porte comme le souhaitent les autorités de l’Afrique. Très peu d’attention à la culture et particulièrement au théâtre. La culture est reléguée au rang de la cinquième roue d’une voiture, une roue de secours.  Cependant, il y’a une forte communauté des hommes de théâtre qui font la chose avec conviction et amour et qui se battent jour et nuit pour que le théâtre en Afrique vive. Il faut prendre leur existence pour une force et un avenir. Tant qu’il y aura des gens qui continuent par se décarcasser pour que  le théâtre fonctionne en Afrique, il faut leur tirer chapeau. Je reste convaincu que nos autorités comprendront que soutenir la culture et les arts, c’est un grand pas vers le développement et la paix. Valoriser la culture africaine dans le sens vrai et lui accorder une place importante, c’est cela aimer l’Afrique. Multiplier les canaux de diffusion, soutenir les créations, favoriser les rencontres d’échanges sud-sud sera la vraie image de l’union africaine.

Quelle est l’actualité de Vangdar et du théâtre Maoundôh-culture dont il assure par ailleurs la direction?

Il n’y a pas d’actualités mais beaucoup d’ambitions pour la promotion et le développement culturel. Bien qu’épuisé, je  vais me battre et tous les artistes du Théâtre Maoundôh-Culture avec moi pour persévérer dans la même lancée de la professionnalisation du secteur en renforçant les capacités des acteurs du monde artistique pour qu’ils soient plus performants et qu’ils arrivent à vendre un travail artistique de qualité. Intéresser la population au théâtre et faire un théâtre accessible à celle-ci. Peut-on jouer continuellement en français à une population à 80% analphabète ?

Avez-vous un modèle qui vous inspire?

Dans ma quête d’apprentissage du métier, j’avais rencontré des aînés qui m’ont aidé et soutenu pour que je résiste jusque-là. Ils sont des modèles pour moi.  Je citerai  Ambroise Mbia du Cameroun, Alougbine Dine du Benin, Prospère Compaoré et le Feu Jean Pierre Guingané du Burkina Faso, Mahamat Nour Ali et Mariam Mayoumbila du Tchad. Je leur dois beaucoup et je les remercie.

Quels conseils donnez-vous à l’endroit des dirigeants africains, des artistes et des peuples du continent pour un théâtre africain plus performant?

S’il y a un conseil à donner, c’est que je demande aux dirigeants africains de mettre les mêmes moyens qu’ils accordent à la défense nationale, dans la culture. On reconnaît un peuple a travers sa culture et c’est la culture qui fait l’identifié d’une nation. Donc nous nous battons  et défendons notre nation, notre culture, notre identité. Peut-on défendre quelque chose sans l’entretenir ? Aux artistes de continuer leur travail et de le faire avec amour et surtout d’apprendre son métier pour mieux le connaitre. Bien qu’il n’y ait pas assez d’écoles d’arts en Afrique, il faut reconnaitre que les compagnies et groupes artistiques sont de vraies écoles. Aux peuples africains, je ne pourrais que leur demander de soutenir leur culture et leurs artistes. C’est eux qui restent pour l’instant le grand soutien du théâtre. Je veux parler de ceux qui prennent, ne serait-ce qu’une heure dans une semaine, pour aller regarder un spectacle de théâtre. C’est de cette manière qu’on encouragera notre culture.  Le théâtre vivra et vivra encore longtemps.

Culturebene vous dit merci et vous encourage à aller toujours de l’avant.

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