InterviewTchad

Preston Ndinga : «Le label PCR est reconnu comme étant un dénicheur de talent au Tchad »

Preston Ndinga peux tu présenter à nos lecteurs le label PCR dont tu es le promoteur ?

Preston Concept Records (PCR) a été crée en 2011. Le label offre un cadre de travail acceptable pour les artistes musiciens et surtout rappeurs tchadiens. A travers PCR, en premier temps, il est question pour moi de contribuer à la production qualitative des œuvres audiovisuelles au Tchad et en second lieu, de participer à l’essor des musiques urbaines au Tchad. PCR compte actuellement 06 artistes en carrière solo et un groupe. Concernant la sortie du titre PCR Dreams team, Chaque année, tous nos artistes se mettent ensemble pour un son collectif. Malheureusement les 4 dernières années ont été âpres pour nous. Au point où le rythme n’avait pas été respecté. Dieu merci, aujourd’hui nous jouissons d’une petite accalmie au Tchad et la structure compte remettre ça. Les artistes du label sont parmi les plus en vue du game 235. Il s’agit de Crazy Missy,Lincy, Criss John, fizzi fiz,Tony Ives et le groupe 100 préjugé.

Quels sont vos différents champs d’action ?

PCR veut répondre présent au concert des nations via la culture urbaine made in Chad. Nous avons un potentiel impressionnant qui ne demande qu’à être mis en valeur aux yeux du monde. Au delà de la production d’artistes et la production des clips vidéo, nous produisons également des films documentaires, de fiction et nous réalisons des supports audiovisuels de communication institutionnelle.

À long terme nous souhaiterions créer un centre de formation audiovisuelle car il est important pour moi de partager mes connaissances avec mes jeunes frères. Le label en partenariat avec l’Association Générations organise aussi le festival des musiques et cultures urbaines, Nirida hip hop, qui en est à sa 4 édition cette année 2018.

Quels sont les réalisations de votre label depuis sa création ?

A ce jour 04 albums ont été produits par Preston Concept Record. Il s’agit notamment de l’album « trop class » de Waiti, « apprenons à les comprendre » du slameur Croquemort, « les faux apôtres » de Kent k Dakor et l’album « never run away » de John Criss. Par ailleurs nous avons produit des centaines de singles pour les artistes du label et d’autres talents repérés par PCR et nous avons réalisé une dizaine de clips à ce jour.

PCR a également réalisé environ 07 films documentaires pour le compte d’Ong… Nous ne recrutons plus depuis bientôt 04 ans à cause de la crise mais nous espérons à nouveau ouvrir nos portes en 2019 si Dieu le veut, aux nouveaux talents. Des compétitions et des auditions seront organisées à cet effet.

Quelles sont les ambitions du label PCR ?

Nous somme reconnus au Tchad comme étant dénicheur de jeunes talents. Nous comptons assoir d’avantage notre réputation, produire et accompagner aussi loin que possible les artistes de notre label. Nous comptons également mobiliser des financements pour créer une chaîne de télévision pour offrir un visibilité internationale à la musique urbaine tchadienne.

Et avec l’accès à internet qui s’améliore au Tchad nous sommes entrain travailler sur le lancement d’une plateforme de vente et diffusion en streaming des musiques urbaines au Tchad.

En tant qu’entrepreneur culturel comment apprécies-tu l’évolution de la musique urbaine au Tchad ?

Quand on lance un regard rétrospectif et qu’on apprécie le chemin parcouru on peut se dire que la musique urbaine au Tchad progresse. Seulement nous avons encore des obstacles qui entravent son évolution. Les artistes ne réalisent pas encore qu’ils doivent se considérer comme étant des produits et vraiment se prendre au sérieux. Nous avons un réel problème de visibilité à l’international, de diffusion et de distribution des produits issus de cette musique, ce qui est un véritable handicap pour le développement d’une industrie musicale. Nos artistes peinent à s’exporter et localement nous n’arrivons pas fidéliser notre public, l’intéresser à nos shows et le pousser à consommer tchadien d’abord.

Et que préconises-tu ?

Il ne me revient pas à moi seulement, ça doit être une un effort collectif, cela implique toute la chaîne des acteurs de ladite industrie. Pour positionner la musique urbaine du Tchad il faut que les artistes arrêtent de se vautrer dans la médiocrité. Il faut rechercher la qualité. Être exigeant avec soi, payer 10 fois cher s’il le faut pour produire une musique qualitativement et artistiquement irréprochable. Que les artistes tchadiens bossent et qu’ils apprennent l’humilité car l’orgueil mal placé de certains artistes tue ce mouvement. Que les acteurs du milieu travaillent main dans la main sans hypocrisie et sans se mettre les bâtons dans les roues. Nous devons apprendre des autres se mettre ensemble pour être plus forts. Nous devons travailler ensemble à la création d’un marché intérieur pour la musique tchadienne, c’est une urgence !
Propos recueillis par Ebah Essongue Shabba

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