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DJ Lexus Le Monstre: « Je vais révolutionner le Mbolè…»

De son vrai nom Christian Evina, DJ Lexus Le Monstre impose par sa voix et son look depuis des années comme le général du Mbolè, à l’origine du succès de plusieurs artistes à l’instar de Petit Malo, Crazy Mix et Petit Bozard, nous sommes allés à sa rencontre dans son studio au Carrefour Jean Paul Akono sis au quartier Anguissa.

Bonjour DJ Lexus Le Monstre et merci de répondre aux questions de Culturebene…

DJ Lexus : Bonjour c’est moi qui vous remercie

Vous êtes auréolé de plusieurs casquettes, arrangeur, beatmaker et musicien vous l’êtes, on aimerait savoir quel est votre parcours ?

DJ Lexus Le Monstre : DJ Lexus est jeune mais déjà il a une longue carrière, j’ai commencé comme DJ dans les boîtes de nuit, j’ai travaillé avec Serge Ekalé, DJ Pat Cool qui sont mes pères, comme tous les Dj j’ai commencé par faire les atalaku ensuite jusqu’ au jour où j’ai décidé de faire dans le mbolè.

Pourquoi avez-vous choisi ce rythme ?

DJ Lexus Le Monstre : Le mbolè nous a bercé dans le Kwatta, depuis tout petit on écoutait les papas qui ont lancé ce mouvement et j’ai grandi dans ce mouvement. À un moment donné, j’ai décidé d’arrêter de faire les atalaku et de me lancer dans le mbolè parceque c’est la musique du terroir, c’est ainsi que j’ai fait sortir la première chanson mbolè Ekondo.

Revenons à votre parcours dans quel quartier avez-vous grandi ?

DJ Lexus Le Monstre : J’ai grandi à Emombo 2ème tout le monde connait la réputation de ce quartier ensuite j’ai fait le lycée d’Anguissa et j’ai fait Siantou, je tournais dans Yaoundé 4ème.

Quand vous étiez enfant quel  métier rêviez-vous pratiquer ?

DJ Lexus Le Monstre : Papa voulait que je devienne avocat ou médecin mais moi j’avais toujours rêvé de faire dans le show.

Aujourd’hui vous êtes considéré comme le général du Mbolè, pour les profanes qui ne connaissent pas ce style musical, pouvez nous présenter de manière synoptique cette musique ?

DJ Lexus Le Monstre : Le Mbolè c’est la musique du kwatta, la musique des veillées comme on le dit généralement, le mbolè c’est la musique qui regroupe toutes les autres musiques, lorsqu’il y’a un décès au quartier vous allez voir des  jeunes qui descendent avec le djèmbè à la veillée en interprétant tout type de musique  en faisant des parodies et en interprétant aussi leurs propres compositions. C’est cette musique qui anime les veillées et certains mariages que moi j’ai décidé de révolutionner. Une musique aimée par plusieurs lions Indomptables à l’instar d’Alexandre Song, Charlène Meyong, Carlos Kameni… ces lions nous supportent énormément.

C’était comment quand vous animiez à l’époque les veillées ?

DJ Lexus Le Monstre : C’était génial se retrouver tard dans la nuit autour d’un feu avec les amis, à faire du show, la famille éplorée oubliait un peu la douleur du décès.

On vous payait combien ?

DJ Lexus Le Monstre : Il y’avait pas de cachet, mais on avait plutôt des farotages, quand vous animez, vous chantez bien, les papas et les mamans vous donnaient des pièces de 100f, 200f ou 300 f le matin vous vous retrouvez avec 17.000fcfa, vous êtes 15, le matin vous avez quelque chose pour boire la bouillie c’est comme ça qu’on garait.

Êtes-vous toujours ensemble avec ces amis qui vous accompagnaient ?

DJ Lexus Le Monstre: La plupart oui, le mbolè a commencé avec Lexus, après il y’a eu Malo que j’ai tenu par la main, c’est vrai il a pris son chemin aujourd’hui parceque notre vision n’était plus la même chacun a décidé de prendre sa route, aujourd’hui il y’a Petit Bozard, les Crazy Mix et pleins d’autres petits.

À quel moment avez-vous décidé d’entrer dans le studio ?

DJ Lexus Le Monstre: Un jour j’étais en plein Atalaku en boîte de nuit, j’avais calé un Beat de Daniel Baka je crois, et j’ai commencé avec un style différent, le public a aimé, je pense que je suis le premier DJ à faire ça au Cameroun ce qui fait quand les Dj ivoiriens venaient au Cameroun on m’appelait toujours car moi je faisais un atalaku purement  camer.

Quelle est donc votre première chanson ?

DJ Lexus Le Monstre: La première chanson que j’ai enregistrée  c’était chez Serge Dikalé en 2004 à la montée Âne rouge ” Papa Eto’o, mais mon premier tube c’était Ekondo qui a presque 10 ans, le tout premier mbolè c’est cette chanson qui m’a révélé au grand public.

On sait que Vincent Paradis a eu à reprendre votre chanson, l’avez-vous autorisé à faire ça ?

DJ Lexus Le Monstre: Non, il a repris cette chanson sans mon accord 2 ans plus tard et moi ça m’a fait chaud au cœur de voir un grand frère reprendre ma chanson, les gens m’ont demandé de lui faire des problèmes, j’ai dit pourquoi ? Il me donne plus de tonus, c’est un grand frère et aujourd’hui nous avons des bonnes relations.

Vous tenez aujourd’hui plusieurs artistes par la main à l’instar des Crazy Mix et Petit Bozard quelle est la vision du Mbolè ?

DJ Lexus Le Monstre : D’abord exister, parceque nous avons été longtemps marginalisés par d’autres confrères qui disaient qu’on ne fait pas de la musique, nous avons des projets, on veut vendre le mbolè au niveau national et international.

Pourquoi les artistes du mbolè  ont tendance à faire l’apologie de la consommation du  mbanga (chanvre indien) dans leur chanson ?

DJ Lexus Le Monstre : C’est vrai on nous fait ces reproches là, mais on chante ce qu’on connait, ce qu’on vit pourquoi on parle du Mbanga  c’est ce que les petits frères vivent au quotidien. On nous dit souvent pourquoi vous ne conscientisez pas ? on parle d’abord de nous, tu vas venir dire aux jeunes d’arrêter de fumer le mbanga, ils ne vont pas le faire, mais si un gars vient de là et qu’il réussit s’il leurs parle ils vont obéir avec le temps on abordera d’autres thèmes. Mais pour l’instant, les gars chantent ce qu’ils vivent.

Comment s’est opérée votre rencontre avec Petit Malo ?

Dj Lexus Le Monstre : Par le canal de ma fiancée Carole c’est son ami, elle me dit qu’il y’a un gars qui chante bien  tu devrais  le rencontrer, un jour je suis parti à une veillée il animait, je me suis assis au fond je l’ai écouté, le gars est vraiment bon, c’est là où je dis petit viens, j’ai un mouvement que je suis entrain de lancer, c’est comme ça que nous sommes allés au studio nous avons pondu les tubes tels que « Dans mon Kwatt, les Go Kmers , Le Yamo ». Petit Malo était le porte étendard du mouvement Mbolè, Là où nous avons eu des problèmes c’est au moment où on lui a dit Petit ouvre aussi les portes donne la chance à d’autres jeunes, il n’a pas voulu. On a pas de problèmes entre lui et moi Malo ne m’a jamais manqué de respect, je peux l’appeler là il va venir, je suis sûr qu’avec le temps il va prendre conscience.

Donc ce n’est pas un problème d’argent ?

DJ Lexus Le Monstre : Non ce n’est pas un problème d’argent, tous ces gars Malo ou Petit Bozard, ils gèrent leur cachet, moi je veux voir le changement, moi je suis arrangeur, je gère mes gombos, on a eu un problème de vision, je lui ai dit qu’on ne peut pas gérer cette affaire deux places, il faut qu’on soit au moins 50 là nous sommes sûrs que 5 personnes feront carrière. Aujourd’hui, il est entrain de comprendre, parcequ’il  encadre d’autres jeunes avec  son groupe Mbolè révolution.

Parlez-nous de votre rencontre avec Petit Bozard et Crazy Mix ?

DJ Lexus Le Monstre : Ce sont les enfants de Petit Malo, c’est Petit Malo qui vient avec Petit Bozard, il me dit voilà un gars de Mvog Ada il est bon, je lui réponds on ne peut pas suivre deux lièvres à la fois. Bozard est resté dans l’ombre presque 3 ans, aujourd’hui il est là on connait le résultat.

Qu’est ce qui explique l’absence des femmes dans le mbolè ?

DJ Lexus Le Monstre : Il y’a des femmes elles arrivent, il y’a Achley, il y’a Djeni Djay qui est là c’est un rythme qui est difficile pour les femmes, pour chanter le mbolè il faut être une fille du kwatta .

Quel est l’apport du grand réalisateur Napster Kallash dans le mbolè ?

DJ Lexus Le Monstre : Depuis que Napster Kallash est là, on a pris de l’envol il met ses moyens en jeu, on doit tout à Napster maintenant : la diffusion, les clips, il croit en nous c’est rare de voir les grands frères comme ça qui investissent dans le milieu culturel, vraiment on remercie le ciel de nous l’avoir envoyé. Il a déjà tourné plusieurs clips avec nous. En principe, on veut avant la fin d’année tourné au moins 50 clips mbolè.

Le Mbolè est -il affilié à une société de droits d’auteur ?

Dj Lexus Le Monstre : On fait de la musique urbaine et de ce fait on ira au synarmuca ( Syndicat national des musiques urbaines du Cameroun ), on a déjà reçu les invitations de DJ Bilik, Soumalek et Krotal on va s’affilier au Synarmuca.

Un conseil aux jeunes artistes

DJ Lexus Le Monstre : Pour avoir le succès il faut beaucoup avoir la foi  et beaucoup travailler et ne pas consommer la drogue, il faut savoir que nous les artistes du mbolè on dénonce ce fléau, je le redis une fois de plus je suis contre les drogues.

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